Menu
|
Savez-vous que le corps humain est constitué en moyenne, de 65% d'eau ? Que l'eau recouvre les 3 quarts de la surface de la terre ! Que 97 % de cette eau présente sur Terre est salée et que 2 tiers de l'eau douce sont conservés à l'état solide dans les glaces polaires et les neiges éternelles, alors que seulement un peu moins d'1 tiers est constitué d'eaux souterraines.
Alors afin de le constater de visu ce phénomène, cette année nous avons décidé de faire un compromis entre eau douce et eau salée, nous nous sommes décidés pour un voyage au Spitzberg dans l'archipel du Svalbard près de l'arc polaire arctique entre Norvège et Groenland.
L'eau façonne les paysages, fertilise les sols, relie les peuples, purifie les hommes; mais si l'eau vient à manquer, c'est la planète entière qui boit la tasse ! Donc pour assurer nous avons choisi un séjour randonnée & kayak et pourquoi ne pas rencontrer un groupe sympa ? En route pour l'Arctique.
L'Arctique n'est pas qu'une contrée désolée de glaces et de roches balayée par les vents catabatiques. La "terre des ours" est au contraire riche de mille et un paysages envoûtants, à la flore et la faune fascinantes (plus de 150 espèces de fleurs recensées et pas moins de 160 espèces d'oiseaux), que magnifie une lumière unique. Climat, espaces, lumière dans ce pays tout est extrême. Avec 98 % de terres vierges de toute activité humaine, le Svalbard est l'un des derniers sanctuaires naturels de la planète. Et surtout, Ici l'eau & l'art ne font qu'un !
Une île sur le toit de l'Europe
Le Spitzberg, situé à 500 kilomètres à l'est du Groenland, est la plus grande île de l'archipel du Svalbard qui s'étend entre 74° et 81° de latitude nord et entre 10° et 34° de longitude, dans l'océan Arctique. Le nom "Spitzberg" donné historiquement à l'ensemble de l'archipel du Svalbard signifie côte froide. Des pans entiers de terre sont recouverts par des glaciers. Cependant, le Courant nord atlantique tempère le climat arctique, rendant les eaux navigables quasiment toute l'année.
Pour venir jusqu'au Spitzberg, il faut une bonne raison et pour y rester, il faut être un peu fou. Longyearbyen, à deux heures de vol du continent est la ville principale de l'archipel et l'une des communautés humaines la plus septentrionale du globe. Dans ce village du bout du monde, les distractions sont rares.
À Longyearbyen, le soleil de minuit dure du 20 avril au 23 août et la nuit polaire du 26 octobre au 15 février. Cette petite bourgade aux maisons de bois peintes de couleurs vives est traversée par la petite rivière Longyear-Elva qui roule ses eaux boueuses échappées du glacier qui domine la vallée avant de se jeter dans le Fjord.
Une église et la maison du gouverneur en bois, des pylônes en rondins hauts de 30 mètres, des bennes à minerai suspendues au bout de leurs câbles rouillés plantent le décor de cette ville minière. Les norvégiens continuent d'extraire du sous-sol quelques milliers de tonnes d'anthracite pour les besoins de la ville en chauffage et eau chaude.
Ici on consomme l'ours polaire à toutes les sauces. Des habitants qui se promènent fusil sur l'épaule sous les panneaux "danger ours" au gros nounours en peluche, des fourrures provenant uniquement des animaux abattus dans des conditions de légitime défense aux vêtements et vaisselle à l'effigie de la bête : l'ours polaire est roi ! L'espèce compterait entre 3 000 à 5 000 spécimens répartis sur l'ensemble de l'archipel. Dans le hall de l'hôtel Radisson un mâle empaillé plus vrai que nature dressé sur ses pattes arrières accueille les touristes toutes griffes dehors.
Après la visite le la ville, en fin d'après-midi, nous remontons une petite grève de galets puis ce sont les entrepôts du port, avec des grues, un cargo et quelques voiliers en toile de fond, l'endroit est sinistre et n'engage pas au voyage. L'eau, qui ne doit pas dépasser les 5° C n'incite pas au kayak... qu'est-ce qu'on est venu faire dans cette galère... !
Nous embarquons, hommes & matériel, sur le Longoysund qui sent la peinture antirouille et la graisse mêlée aux embruns. Depuis le pont du bateau l'archipel du Svalbard se révèle. L'été arctique ne dénude qu'une infime bande côtière du manteau glacé (permafrost) qui couvre la terre ferme avant le pôle nord.
Durant les 2 heures 30 de navigation à travers l'Isfjord, nous admirons les côtes qui se déroulent à l'infini et nous découvrons la toundra où ne pousse pas le moindre arbuste, excepté le saule du Spitzberg minuscule salicacée.
Des pétrels fulmar épousent le contour des vagues et suivent le sillage du navire, quelques mergules nains se reposent sur la mer, pendant que des macareux nous survolent en battant des ailes à toute vitesse. On entend déjà au loin les détonations du glacier qui vient vêler dans la mer. Sur le pont balayé de rafales de vent, on ne tient pas longtemps sans bonnet ni gants. Le bateau s'arrête au large du glacier de Svéa entre les icebergs et le Zodiac nous débarque tous équipés de bottes et de pantalon imperméable.
Le camp de base
Arrivée au camp de base.
La plage où nous débarquons est jonchée de galets et de bois flotté. Un coup d'œil sur notre camp de base situé à quelques mètres de la grève et nous regardons le navire lever l'ancre pour revenir dans une semaine. Nous sommes seuls au monde, enfin presque !
L'emplacement du camp est important étant donné le danger présenté par l'ours polaire. L'endroit choisi est un lieu bien dégagé permettant une bonne vue d'ensemble tout autour. Première consigne de notre guide : ne jamais s'éloigner seul du camp de base. Nous sommes tous en possession d'une alarme anti-ours... mais que faire face à un ours affamé. Donc méfiance !
Le camp de base, posé sur une terre sombre et sèche, sommeille sous un immense ciel bleu strié de quelques nuages. De quelque côté que nous nous tournons nous restons émerveillés. Le Glacier au loin que l'on entend gronder, les icebergs que se laissent dériver tranquillement le long de la côte. Et des oiseaux qui piaillent à n'en plus finir.
Nous découvrons nos tentes individuelles et la tente Mess, où nous prendrons nos repas. Nous finissons d'installer le camp de base en prenant soin d'éloigner toute la nourriture dont l'odeur peut attirer les ours. Enfin un petit tour aux latrines placées à une certaine distance pour les raisons évoquées précédemment, l'odorat des ours, mais ils restent visibles de l'entrée des tentes et offrent une vue magnifique sur le fjord et les icebergs.
Vers 23 heures la fatigue nous gagne, mais c'est à peine si le soleil de minuit haut dans le ciel s'infléchit légèrement vers l'horizon. La lumière implacable empêche de dormir. Nous prenons nos consignes pour le tour de garde que nous effectuerons toutes les nuits durant notre séjour : 2 heures à tour de rôle jusqu'au moment du réveil.
Une équipe d'enfer
Sur ce voyage au Svalbard, nous étions 12 participants venus de différentes régions de France. Tout au long de la semaine, nous avons appris à nous connaître et avons partagé des moments intenses dans une ambiance détendue et amicale. Chaleureusement nous nous sommes entraidés dans les moments un peu difficiles de "grimpette", mais surtout profiter des fous rires et la bonne humeur qui ont régné toute la semaine, particulièrement durant les 36 heures supplémentaires où nous avons squatté l'hôtel **** Radisson pour cause de brouillard.
Merci à notre guide Stéphane de nous avoir guidés, aidés, instruits et supportés. Merci de nous avoir concocté de si bons repas gastronomiques... et ce petit déjeuner gargantuesque de "crêpes".
1er Rang de gauche à droite : Laurent, Diane, Paul (l'aîné), Jean-Luc, Jeanine
2ème rang toujours de gauche à droite : Théo, Jade (la plus jeune), Patrice, Alain, Sandrine, Aline, Moi, Stéphane (notre guide).
Et bien sûr notre gardien de jour & de nuit et fidèle compagnon durant tout le séjour : Imiak
La vie au camp
Le "camp de base" est situé au bord du Fjord légèrement surélevé par rapport à la grève, car même si la différence de marée au Svalbard ne représente que 2 mètres, il est préférable que les tentes soient gardées au sec. Nous avons un panorama superbe sur les icebergs et le glacier. Le fjord est très animé, nous pouvons contempler : des Guillemots à miroir, des Labbes parasites, des sternes arctiques, des oies nonettes et bernaches, quelques Hareldes boréales et plongeons catmarins (les oiseaux feront l'objet d'un article à part) et parfois un phoque barbu nageant tranquillement le long de la grève. Qui de l'homme ou de la bête épie l'autre ?
Placé juste devant un petit lac qui nous fournit l'eau douce, la tente Mess se situe à l'une des extrémités du camp, nous y prenons le petit déjeuner, éventuellement le déjeuner quand nous ne sommes pas en kayak ou en rando et si le soleil est de la partie nous déjeunons dehors. C'est aussi l'endroit pour se réchauffer et prendre une boisson chaude quand nous montons la garde entre 23 heures et 10 heures du matin.
Eloigné de quelques mètres à cause de l'ours, nous avons disposé le garde-manger où nous piochons au fur et à mesure le nécessaire pour préparer les repas... et les en-cas pour les sorties.
Autour de la tente Mess, sont disposées les tentes pour 2 personnes, spacieuses et confortables, de toute façon comme le soleil de minuit brille... toute la nuit !... c'est tout à fait convenable. A chacun son organisation : le rangement ou le chaos, nous y découvrons les personnalités. La palme du rangement sera attribuée au couple "Jeanine & Paul", les autres sont plus ou moins ex-æquo pour l'ordonnancement.
Et bien entendu comme il faut bien évacuer ce que nous mangeons, un peu plus loin encore nous trouvons "l'espace privé". Le repère est le drapeau de la communauté européenne...?
S'il est dressé l'endroit est occupé et je dois dire qu'un certain confort peut inciter à s'attarder devant le "poster" qui s'offre à nous lorsque nous trônons.
De temps en temps le phoque barbu passe en nageant nonchalamment, c'est d'ailleurs pratiquement le seul endroit où nous pourrons l'apercevoir ! Avis aux amateurs de photos, prendre son appareil pour aller aux toilettes.
Pour la toilette... quelques courageux s'y sont astreints régulièrement..., bravo les garçons
Il y a même des téméraires qui se sont baignés... Bref un petit coin de Paradis en Arctique.
Quelques mots sur l'emploi du temps : le soleil brille toute la journée, donc il est difficile d'établir un programme ! Si les 2 premiers jours sont un peu difficiles avec le décalage "jour/nuit" nous nous y sommes relativement bien accoutumés.
Réveil quand tout le monde a récupéré car le coucher est aléatoire en fonction du soleil brille plus ou moins voilé. Si quelques nuages viennent voiler le ciel bleu, le planning change. Kayak ou rando ? Dans tous les cas les horaires n'ont aucune importance puisque nous ne sommes pas tenus de rentrer avant la nuit !
Donc hormis les personnes désignées chaque jour pour les tours de garde, nous nous levons vers 10 heurs 30, prenons le petit-déjeuner jusqu'à midi. Puis activité sportive, déjeuner souvent vers 15 heures 30, goûter puis dîner vers 22 heures.... La vie rêvait des Anges, surtout quand Stéphane nous a préparé le matin des crêpes, et que Patrice a montré ses talents de découpeur de Jambon pour le dîner.
Déjeuner à l'extérieur, le soleil brille : il est 15 heures 58.
|
Publié à 08:48, le 1/09/2008, Mots clefs : toundra, phoque, renard, glacier, Kayak |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Moyen ancestral de locomotion des Inuits, le kayak est autonome, il permet de découvrir le front du glacier, de naviguer entre les icebergs et il est silencieux pour être à l'écoute de la glace qui chante. En ce dimanche ensoleillé, Stéphane notre guide nous entraîne dans notre 1ère navigation en Kayak.
Petit cours pour débutant. Un kayak de mer est un compromis entre rapidité, stabilité, manœuvrabilité, robustesse, confort et capacité à emporter du matériel ouf, nous voici rassurés. Les kayaks peuvent naviguer par toutes mers, grâce à leur stabilité et à leur faible prise au vent. Nos embarcations sont des kayaks "bélouga" biplace d'une longueur de 5,90 m et de 68 cm de large. L'habitacle est spacieux, sa grande ouverture permet un embarquement et un débarquement faciles Chaque kayak à deux caissons étanches : un à l'avant, l'autre à l'arrière. Le pont du kayak est aménagé avec des sandows et des sacoches qui seront utiles pour avoir à portée de main nos affaires personnelles : casquette, gourde, barres énergétiques et... appareil photo étanche ou en caisson. La veille nous avons touché notre équipement : combinaison, gants, bonnets en Goretex étanches, une combinaison en polaire et des chaussons. Bref que des trucs super sexys !
Après s'être équipés, nous prenons possession des "engins" flottants et nous l'espérons stables ! Notre première sortie est une prise en main ainsi qu'une découverte de cet univers de glace. Nous remontons le fjord, notre progression est de 3-4 km/h, une vitesse de dilettante pour savourer la glisse sur l'eau. Nous naviguons sur une mer tapissée de milliers de glaçons, aux reflets scintillants & changeants. Ces glaces flottantes dans les régions polaires sont toujours des dangers potentiels. Ces monstres froids, réserves fantastiques d'eau douce rivalisent de tactiques pour faire sombrer les kayakistes amateurs que nous sommes. La consigne est donc : Interdiction d'approcher ces beautés insolentes, qui telles des sirènes nous attirent par leur charme.
Cet univers semble conçu par un sculpteur de génie !
Les zébrages de teinte foncée correspondent à la formation géologique. La stratification s'élabore quand les icebergs font encore partie des glaciers. Ensuite, un sérac se détache : c'est le phénomène de vêlage. Ils peuvent également charrier des débris morainiques colorés. Mais, même lorsque la glace est pure, elle présente des couches obliques dont les différences de densité donnent une gamme de reflets bleutés du plus clair au plus foncé.
Quand nous frôlons en kayak ces monstres, nous les entendons chanter... des milliers de bulles affluent à la surface de la mer, c'est l'air qui était prisonnier des glaces qui s'échappe au fur et à mesure que la glace fond.
Si nous les examinons de près, ces œuvres d'art, semblent très bien travaillées... la nature fait bien ce qu'elle fait ! Une face est martelée et l'autre polie. Ce sont les mouvements de roulis de ces masses glacées qui provoquent ainsi l'émergence de protubérances polies sous les eaux.
Pour notre seconde sortie, de nouveaux couples sont formés... afin de mieux appréhender la navigation.
Aujourd'hui nous naviguons vers le front du glacier.
Nous approchons en douceur, afin de percevoir toute la grandeur et la puissance du glacier. À près de 50 mètres de hauteur, de gigantesques séracs (blocs de glace) s'effondrent dans un grand fracas, projetant des gerbes d'eau retombant en cascade jusqu'à créer une vague démesurée qui se transforme très rapidement en une somptueuse ondulation faisant cliqueter des millions de cristaux de glace sur l'eau.
Cet impressionnant spectacle de murailles de glace s'effondrant dans la mer s'appelle "Kalving". Le bloc dérive ensuite dans le fjord avec d'autres "îles flottantes", attendant qu'un coup de vent les pousse au large.
Nous nous écartons du front du glacier pour aller découvrir enfin Une flottille d'une dizaine d'icebergs gigantesques flottant au large. Nous pouvons admirer toutes sortes de spécimens : blocs inclinés à toit arrondi, d'autres aux pinacles (ou clochetons) se dressant majestueusement, d'autres encore dentelés ou évidés formant un "U" ou encore s'élevant vers le ciel telle une structure pyramidale, certains arborent fièrement une arche à la surface.
Nous sommes fascinés par ces "châteaux flottants", mais le danger reste imminent et Stéphane, notre guide, nous rappelle souvent à l'ordre "écartez-vous" ! Malgré l'envie, la vigilance et la prudence restent de mise, car l'iceberg peut se mettre à rouler et opérer une rotation complète autour de son axe pour trouver une nouvelle position d'équilibre. Par une mer de 2° C pas vraiment envie de se retrouver à l'eau : tout le monde obtempère.
Après plusieurs heures de canotage, nous nous rassemblons pour un petit casse-croûte. Les kayaks sont amarrés côte à côte : fruits secs, barres de céréales, gourdes s'échangent à grand renfort de rire. L'excitation est de mise. Malgré la température extérieure peu élevée le pique-nique se déroule dans la bonne humeur devant autant de beauté.
Ce n'est pas tous les jours que l'on déguste des cacahuètes salées dans un tel décor !
Après cet entracte nous reprenons notre balade en cinémascope. Au moment où nous entamons un demi-tour, dans un fracas épouvantable, un des icebergs se renverse... et se fracasse en d'énormes blocs de glace dont certains sont striées et forment à leur tour de nouveaux "glaçons". C'est magique, nous restons bouche bée ! Nous ne sommes pas au bout de nos surprises peu après un autre iceberg bascule pour trouver une nouvelle position et c'est une nouvelle structure qui apparaît, laissant voir les anciennes lignes de flottaison toutes lissées par le frottement de la mer.
Selon une étude de l'IIP (Internation Ice Patrol) Connecticut, il suffit d'une température de 2,2° C pour faire fondre en une semaine environ les petits icebergs (moins de 60 mètres de long et moins de 15 mètres hors de l'eau), et si la température passe à 4,4° C la fonte s'effectuera en 5 à 6 jours. Elle est plus rapide sur une mer agitée que sur des eaux calmes.
Pour aujourd'hui, la mer est d'un calme reposant, heureusement car après cette grande balade, les muscles commencent à fatiguer ! Nous rejoignons tranquillement le camp en croisant au passage un groupe d'Oies "nonette" qui emmènent leurs petits faire une balade dans le fjord.
De retour au camp de base, la physionomie du paysage a changé : un coup de vent a drossé un iceberg près du rivage. Nous pouvons l'admirer "des toilettes" dans toute sa splendeur. Encore un moment exceptionnel que nous offre le Spitzberg.
|
Publié à 06:10, le 31/08/2008, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Entre 76° et 81° de latitude Nord, le Spitzberg est le territoire arctique de la Norvège,
avec ses montagnes aux neiges éternelles et ses îles de glace, c'est un magnifique sanctuaire écologique.
Rappel géologique : Le Svalberg, archipel norvégien, pointe ses cimes enneigées à 500 kilomètres à l'est du Groenland et représente géologiquement un fantastique livre à remonter le temps. C'est au Trias (début de l'ère secondaire) que la Pangée, continent unique regroupant toutes les masses terrestres du globe, a commencé à se disloquer. Le choc des montagnes, la fureur des volcans allaient créer des ruptures qui entraineraient la séparation entre l'Amérique et l'Eurasie dans l'hémisphère Nord ou encore entre l'Australie et l'Antarctique pour l'hémisphère Sud. Le Svalbard n'était donc pas un archipel il était intégré au Groenland. Ce dernier s'est séparé de l'Amérique et a stoppé son mouvement d'écartement, mais le Svalbard a continué sa dérive et coulissé le long du Groenland puis il a suivi l'Eurasie dans son mouvement de dérive liée à l'ouverture de l'Atlantique Nord. Ce morceau de Norvège qui devait être à l'origine partie intégrante de l'Amérique du Nord est donc resté accroché à la pointe Nord-ouest de l'Europe. Aujourd'hui, encore des chercheurs prélèvent et examinent des roches et fossiles afin de les comparer avec celles d'autres zones analogues dans le Canada du Nord et en Sibérie pour vérifié ces mouvements des continents.
Quelques données sur l'environnement naturel du Spitzberg : Toundra est un terme d'origine russe qui désigne la formation végétale circumpolaire qui succède vers le nord à la taïga. Du fait de la localisation des terres émergées, la toundra n'existe pratiquement que dans l'hémisphère nord. La toundra est également la dénomination de l'un des quatorze grands biomes terrestres du fait de son écosystème qui a pour particularité l'existence d'une strate végétale unique, composée d'herbacées et de sous-frutescentes. Elle forme un cercle autour du pôle de plus de huit millions de km², soit 6% des terres émergées.
Dans ces régions, les conditions climatiques rudes sont marquées par un long hiver de gel et une courte période végétative - généralement trois mois - pendant laquelle la température moyenne ne dépasse pas 10°C. Les précipitations, variables, ne dépassent pas en général 600 mm par année, ce qui donne un climat plutôt sec. L'eau tombe essentiellement sous forme de neige. Enfin, le vent y est le plus souvent violent et se nomme blizzard. C'est dans la zone de la toundra que l'on rencontre les pergélisols (sous-sol gelé en permanence, au moins pendant deux ans) qui ne dégèlent qu'en surface. Ils sont jeunes et minces car peu de matières organiques s'y sont déposées. Ils dégèlent en partie durant l'été. On parle de mollisol (Le mollisol désigne la partie du sol qui gèle en hiver et fond en été).
Après la matinée d'initiation Kayak, nous partons pour une petite balade pédestre au pied des crêtes dans la toundra sauvage. Après une courte grimpette sur la 1ère crête qui surplombe le camp, nous voici devant la 1ère épreuve qualificative du voyage aventurier : Traversée de la rivière ! En fait ce qui semble un "petit ruisseau" à franchir affiche à certains endroits un niveau d'eau conséquent et laisse le libre choix à chacun de nous pour le traverser. Les marcheurs bottés sont les bienvenus, quant aux autres "système débrouille".
Nous parcourons une étendue extrêmement plane, il n'y a pratiquement aucune dénivelée, mais nous déchantons vite... car la toundra est une succession de bosses et de creux, plutôt mous... ce qui fait ressembler le parcours à des montagnes russes, assez pénible je dois le dire pour les muscles. Mais cela nous donne l'avantage de pouvoir admirer le paysage, car il est impossible de maintenir un rythme de marche élevé. Cette marche modérée nous permet également d'admirer la flore.
La flore de la toundra est restreinte et toutes les plantes ont une croissance ralentie par les conditions climatiques extrêmes... Il existe plus de 100 espèces de plantes différentes répertoriées autour de Longyearbyen et plus de 170 espèces ont été enregistrées dans la totalité de l'Archipel du Svalbard.
Nous rencontrons des landes à arbustes (salicacées) plus particulièrement de nombreuses espèces de saules herbacés nains "l'arbre de l'Arctique" : quelques centimètres de haut !
Puis des pelouses de plantes herbacées en touffe, souvent vivaces comme : les carex ou la linaigrette. Cette dernière appelée aussi "coton Arctique" recouvre les prairies herbacées et encore plus particulièrement dans les pelouses de Longyearbyenn, sous l'effet du vent ses touffes de "poils" semble danser un ballet.
Nous pouvons également admirer des plantes spécifiques aux lieux humides des zones froides : comme la "Cassiopée tétragone", le fameux "Muguet Arctique".
Et enfin des zones où la végétation n'est plus représentée que par des mousses et des lichens (certains consommés par les rennes).
Au fur et à mesure que nous avançons, je suis surprise par la grande abondance de fleurs. La plupart de ces plantes poussent très près du sol, ce qui s'explique de deux façons.
-
D'une part, les plantes hautes ont besoin d'un réseau de racines profondes pour s'ancrer dans le sol, ici cela est impossible le sol reste gelé la majeur partie de l'année (c'est ce qu'on appelle le pergélisol) donc les plantes se nanifient.
-
D'autre part, même si l'Arctique est baigné de soleil presque 24 heures par jour durant l'été, il ne s'écoule en réalité qu'un court laps de temps entre la fonte des neiges et le retour de l'hiver. Les plantes ont tout juste le temps de fleurir et de se reproduire. Durant cette courte période, une explosion de couleur a lieu, chaque plante absorbant le plus de soleil possible pour parvenir jusqu'au stade de pollinisation.
C'est vraiment un réel plaisir de découvrir, toutes ces fleurs dans une région si hostile.
Nous arrivons au bord de la falaise qui domine le fjord où vêle le glacier d'Eckman. La plupart de la vie animale du Svalbard tire sa substance nutritive de la mer de Barents. Au large du Spitzberg, le courant chaud du Gulf Stream se mêle à l'eau glacée, et grâce à une activité intense des rayons solaires durant la saison estivale, la région maritime arctique est dotée d'un haut degré de bio production. C'est pourquoi nous pouvons voir une grande concentration d'oiseaux. A cet endroit nous admirons le vol du Pétrel fulmar, solitaire et léger. Il niche dans la falaise, soudain il prend son envol jusqu'au ras des vaguesà la recherche de ses proies, puis il plonge et nous le voyons réapparaître avec dans son bec anchois ou autres petits poissons. Nous surprenons également une colonie d'oies bernaches et des bécasseaux violets qui profitent du dégel pour envahir les marais.
De retour au camp vers 20 heures, le soleil brille toujours et nous offre un spectacle magnifique, les montagnes et le glacier se reflètent dans le lac qui borde notre campement.
Cette nuit, le soleil était à peine voilé à 5 heures durant notre tour de garde. Au réveil, les nuages venus du large ont envahi la terre et recouvrent à présent la mer et nous n'apercevons pas les crêtes qui nous entourent.
Dans cette ambiance hivernale, à 10 heures 30 nous sommes encore sous la tente mess quand nous avons le droit à de la visite : un renard polaire pointe son nez sur la grève. Evidemment aussitôt 10 têtes humaines émergent de la tente et les photographes courent chercher l'appareil photo ! Apparemment la petite bête semble affamée, car le tapage autour d'elle n'a pas l'air de l'effrayer. Après avoir reniflé l'air ambiant, le renard s'éloigne tranquillement du camp.
Dès la fin du petit déjeuner, Stéphane notre guide, nous suggère une balade vers le glacier. Le temps brumeux et la visibilité plutôt limitée ne permettent pas de sortie en kayak ! Il faut dire qu'en ce moment nous n'apercevons que "des glaçons" venus mourir sur la plage. Ils prennent des formes extraordinaires et semblent taillés dans du cristal.
Notre objectif est d'apparence modeste : 500 mètres de dénivelée. Mais les galets qui recouvrent la plage ne facilitent pas la marche, sans compter Imiak, le chien, qui tire sur sa laisse. Sa seule préoccupation courir après les oiseaux qui se baladent tranquillement comme ce couple d'oies nonettes et ses petits encore tout duveteux. Les nuages bas forment autour de nous une ambiance cotonnée et la température ambiante n'est pas très élevée !
Pendant 1 heure nous parcourons cette étendue semée de débris de bois flottés et d'algues, dans cet environnement cotonneux, le clapotis de l'eau sur le rivage est la seule marque de mouvement, parfois entrecoupée par le cri strident des oiseaux : sterne arctique, mouette tridactyle, labbe parasite qui se disputent l'espace aérien.
Sans le glacier qui, au loin délimite l'horizon, nous pourrions nous croire "au milieu du néant". Enfin, nous arrivons au front du glacier tombant dans la mer, c'est la découverte d'un monde minéral et glaciaire.
La pause est bien venue pour admirer le fjord et le glacier et avant d'attaquer la moraine, qui à cet endroit est en pente douce.
A présent nous attaquons la gigantesque moraine. Les eaux de la fonte des neiges émergent de leur lit de cailloutis pour former au fond de vallée un entrelacs compliqué de petits cours d'eau tous issus du glacier. Il faut trouver un passage pas trop mou et surtout pas trop large. Après quelques petites hésitations sur le chemin à suivre nous nous retrouvons sur la glace.
Pour certains c'est un baptême. En fait les nombreux déchets morainiques et la faible pente permettent une marche aisée. Cependant, il faut rester vigilant, car les ponts de neige peuvent cacher des crevasses qui se révèlent très profondes. Après avoir traversé de petites bédières, nous marchons sur quelques centaines de mètres, mais quand la pente devient plus cassante, il convient de s'arrêter pour ne prendre aucun risque. Nous pouvons alors admirer le panorama sur le fjord, malgré les nuages toujours bas, la vue est magnifique et avec le recul les icebergs que nous avons frôlés hier semblent tout petits.
Sur le chemin du retour, les nuages sont toujours omniprésents, ils recouvrent l'eau, la terre... en longeant la plage, nous sommes surpris par une grosse détonation ! C'est un iceberg qui vient de se retourner, à l'aller sa masse ressemblait à un "toboggan" à pingouins, à présent il est brisé en morceaux. Stéphane imperturbable, tel Lucky Luke poursuit sa route...
A mesure que nous approchons du camp de base, des cris de plus en plus aigus se font entendre, des tourbillons de plumes blanches et de becs rouges nous survolent vivement : des sternes arctiques. Malgré leur poids plume (une centaine de grammes à peine) ces oiseaux ont une réputation d'agressivité légendaire. Goélands, renards, ours, hommes... personne ne leur fait peur. Des attaques en piqué de becs acéré nous empêchent d'approcher du camp. Protégé de sa casquette et en faisant des moulinets de la main, Jean-Luc se risque à les affronter, Théo qui tient à tout pris à la dompter fuit en se protégeant la tête !
|
Publié à 05:31, le 29/08/2008, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Pour qui recherche la paix, la tranquillité et un espace pour rêver... le Spitzberg est le lieu idéal. Voilà 5 jours que nous sommes au camp de base et nous n'avons effectivement pas croisé "grand monde". Hormis le renard qui nous a rendu visite et le groupe de randonneurs de l'UCPA qui a installé son camp à 2 kilomètres... nous vivons en plein désert. Mais ici la solitude, le silence et surtout la lumière séduisent : c'est un endroit magique. Mais n'oublions pas que même si c'est l'été, et malgré la permanence de la lumière 24 heures sur 24, les journées sont courtes pour profiter de ce qu'offre la nature. Les fleurs, les oiseaux, les mammifères ont peu de temps, alors la montagne, les vallées, la mer s'unissent pour offrir un spectacle inoubliable. La neige fond, de petites fleurs sortent du sol, et une multitude d'oiseaux gravitent autour de nous.
Et l'ours polaire ?
L'été l'ours polaire suit les phoques annelés, qui remontent au nord. Les femelles mettent bas dans des abris creusés dans la neige. Autour du camp nous découvrons des traces dans la terre séchée, car l'ours n'hésite pas à approcher l'homme, même si le plus souvent il le craint. Malheureusement pour nous : nous verrons peu de phoques... et pas d'ours !
Comme le temps est encore couvert... c'est la la crête qui domine le camp qui sera le but de notre balade. En route vers l'intérieur de la péninsule.
Au loin notre objectif, mais toujours franchir la rivière !
Plus loin, la toundra s'élève jusqu'au pied d'une crête à la roche friable et laisse place aux versants herbeux, engraissés par les excréments des colonies de mouettes tridactyles et des couples de goélands bourgmestres. Dans la montée, nous découvrons des nids à même le sol, des restes de coquille ainsi que des plumes duveteuses indiquent que l'éclosion est toute récente.
Nous marchons depuis plus d'une heure pour rejoindre la crête où des pinacles érigés tiennent debout par on ne sait quel miracle.
La colonne s'étire tranquille sur un sentier qui surplombe une terre désertique et montagneuse où aucune végétation "arbustive" ne gène l'observation des versants des montagnes, qui s'étirent de l'autre côté du fjord avec leurs différentes strates qui se superposent. C'est un endroit rêvé pour imaginer l'histoire de la planète. Le vent et les intempéries y ont ouvert de profondes entailles comme si l'air et l'eau avaient voulu consulter le manuscrit pétrifié de la formation de la Terre.
C'est comme si nous grimpions les marches d'un escalier géant. Après 600 mètres de dénivelée nous traversons une grande étendue de neige, puis sur une pente au milieu des inévitables fragments rocheux nous découvrons de grosses concrétions de forme hémisphérique comme des nodules polymétalliques (peut-être remontés du fond des océans il y a plusieurs millions d'années ?).
Encore une petite grimpette et nous parvenons jusqu'au rebord du plateau qui domine le glacier. Le soleil déchire enfin les nuages, nous en profitons pour prendre des photos et pique-niquer dans la chaleur retrouvée.
Au pied de ces éboulis, on peut entendre un caquètement rapide : le bruant des neiges que nous pouvons presque approcher lorsqu'il se pose sur la neige. Il n'est pas craintif, car ici il y a peu de prédateurs, hormis le renard intéressé par les petits - Survivre- Sur cette terre inhospitalière, c'est la règle qui s'impose à tous les êtres vivants.
La descente un peu fastidieuse pour les genoux, est facilitée par les pentes de neiges que nous dévalons chacun à notre façon : sur les pieds ou sur les fesses. Par contre nous avons beaucoup d'espoir pour demain... ce soir le soleil pointe son nez !
Les vents
Il faut savoir qu'au Spitzberg une journée ensoleillée peut être Synonyme de vent fort, et qu'il y a toujours plus de vent près des glaciers. Quand le soleil brille, l'air chaud au niveau de la mer monte, l'air froid, stocké au niveau des glaciers "coule" par gravité vers la mer : on appelle cela des vents catabatiques. Leur violence dépend de la taille du glacier : maximum 80 km/h au Spitzberg, (200 km/h au Pôle Sud). Au printemps en statistique il y a 2/3 de beau temps et 1/3 de mauvais temps. Le vent est généralement très local. Il n'existe pas de règle générale, il faut toujours être préparé pour faire face au pire comme au meilleur. La direction des vents varie avec la direction des fjords. Le climat étant très changeant, le beau temps ne persiste pas plus de deux jours, de même que le mauvais temps.
Donc après 2 jours de temps couvert, mais heureusement pas de bruine, le soleil éclate dans un ciel bleu azur, et c'est tant mieux car aujourd'hui 1er août 2008 : il y a "éclipse partielle" du soleil. En effet ce phénomène est visible dans l'hémisphère nord au-dessus du 50° parallèle. Une éclipse solaire est un phénomène naturel spectaculaire et de nombreuses personnes envisagent de voyager pour assister à ce type d'évènement. Pour nous ce n'était pas le but... mais nous y étions et nous remercions grandement Diane qui a pensé aux lunettes spéciales "éclipse".
Une éclipse solaire se produit lorsque la Lune passe entre le Soleil et la Terre, occultant totalement ou partiellement l'image du Soleil depuis la Terre. Cette configuration se produit uniquement durant la nouvelle Lune, quand le Soleil et la Lune sont en conjonction par rapport à la Terre. L'éclipse partielle se produit lorsque le Soleil et la Lune ne sont pas parfaitement alignés, et lorsque la Lune n'occulte qu'en partie le Soleil. Ce phénomène peut être généralement observé sur une grande partie de la Terre en dehors de la bande d'ombre d'une éclipse totale ou d'une éclipse annulaire.
Aujourd'hui, nous partons à la rencontre du Renne du Svalbard. Tout comme le renard polaire, ce sont les seuls mammifères terrestres présents à l'origine du Svalbard.
Nous contournons les marais. Peu profonds ils sont le fief des bernaches nonettes et des oies à bec court. Parfois un miaulement lugubre transperce le silence oppressant : le préhistorique "plongeon Cat marin". Cet oiseau fabuleux aux couleurs rutilantes regagne son nid dans un petit îlot au milieu d'une mare. Sur notre chemin se succèdent des grès et des ardoises dont la coloration va du gris clair à un gris foncé proche du noir.
En remontons une petite rivière, nous découvrons des schistes argileux à fines lamelles, disposés en couches extrêmement minces où alternent les tonalités claires et sombres. Ces affleurements de roches sont continuellement érodés par les alternances du gel et du dégel. Ici la nature expose comme les feuilles d'un livre les différentes couches sédimentaires : Schiste, grès bigarré, marne irisée, calcaire coquillier. Au milieu du désert de pierres grises la touffe soyeuse d'un silène, petit éclat violet agrippé au dos des pierres.
Sous le soleil au zénith, il fait relativement chaud et nous pouvons faire tomber les anoraks et autres polaires. Nous traversons la moraine du glacier, très étendue à cet endroit et plutôt humide au vu de tous les petits ruisseaux qui se concentrent pour former une "grande rivière".
Au sol beaucoup de lichens, c'est la nourriture des rennes !
Soudain nous les apercevons. Comme si ils arrivaient de nulle part, ils sont là tranquilles : ils broutent. Il faut dire que la saison est propice et qu'il faut qu'ils fassent leur réserve pour l'hiver. Les rennes du Svalbard sont beaucoup moins gros que les rennes de Laponie, le climat est plus rude, et de ce fait, leur durée de vie est plus courte.
Comme la Lune a sa face cachée, le Spitzberg a son désert inhospitalier : des parties rocheuses, qui tranchent avec les toundras variées. Pour atteindre crête qui domine fjord de Norfjord. Nous traversons une grande étendue pierreuse... puis une grande montée, la fatigue s'installe un peu. Avant d'atteindre le col, nous apercevons sur une étendue de neige un renne, méfiant il se sauve à notre approche.
Enfin après 3 heures de marche nous atteignons le sommet qui surplombe le glacier Svéa.
Un vaste panorama sur les montagnes polaires du Spitzberg s'offre à nous : extraordinaire monde de glace au loin les glaciers se fondent pour ne plus former qu'une seule ligne blanche. Ce promontoire nous donne la sensation de dominer ces vastes étendues polaires.
A perte de vue, les amas rocheux nous offrent un spectacle splendide : les neiges éternelles se sont livrées à un travail d'artiste. Loin en contrebas, La succession des couches grises de la moraine forme une belle opposition "noir & blanc".
|
Publié à 02:01, le 28/08/2008, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
|
Nous passons encore une journée magnifique en kayak sur le fjord. Il a fallu une fois de plus séparer les couples, pour équilibrer les bateaux. Jean-Luc après s'être préparé embarque avec Jeannine, quand à moi je barre sur le kayak avec Laurent, qui a des soucis au genou gauche, cela équilibre avec mes problèmes de genou droit !
Il fait très beau le ciel est entièrement dégagé et la température est très agréable... C'est encore un plaisir immense de se balader autour de ces géants et d'écouter les "gargouillements". Quand nous pouvons les contourner, c'est toujours un émerveillement, les faces ne sont jamais semblables.
Une quantité d'oiseaux nous accompagnent sur la mer plutôt calme : Mouette tridactyle, Harelde de Miquelon, Phalarope à bec large
Au retour, c'est un bain dans l'océan arctique... avec combinaison bien sûr ! Puis "grand nettoyage" de tout le matériel. Une certaine euphorie règne sur le camp, nous sommes vraiment tous enchantés par cette semaine polaire.
et après le bain, dans quel état sommes-nous
C'est samedi, ce matin pas de réveil en fanfare... Il est presque 11 heures, le camp est calme ! De nouveau les nuages ont envahi notre univers : la terre et la mer sont à peine visibles. Une vraie brume s'est étendue, elle colore tout en gris.
En attendant le retour du bateau, qui viendra nous prendre vers 22 heures 30, il nous faut faire les bagages, nettoyer les tentes remettre le camp en état pour le groupe qui arrive ce soir.
Nettoyer, rincer et trier le matériel le matériel de Kayak.
Après avoir tout rangé et rassemblé bagages et matériel sur la plage, nous attendons patiemment en guettant les bruits de moteur. Vers 22 heures 30 toutes les oreilles sont tendues vers le large.
Mais le brouillard à présent plus épais, nous rend sceptiques ! Nous avons la visite du phoque barbu. Décidément, une apparition en début de semaine et une autre avant le départ... Ce phoque a un petit air moqueur !
Les sternes arctiques tournent toujours au-dessus de nos têtes, infatigables elles volent en stationnaire puis descendent en piqué pêcher un petit poisson qu'elles s'empressent d'amener à la famille.
Il fait plus froid sur la plage et soudain avant d'entendre le bruit, nous apercevons le zodiac, qui cabote le long de la côte pour nous repérer. Le pilote appelle le commandant du bateau sur sa radio et nous voyons apparaître le "Longoysund" sur le fjord.
Un dernier regard au camp et nous embarquons dans le zodiac pour quitter ce paysage exceptionnel avec des rêves plein la tête.
|
Publié à 04:50, le 27/08/2008, Mots clefs : |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Bien sûr nous pensions qu'une fois sur le bateau le rêve et les surprises seraient terminés... Et bien non.
Après tout à site exceptionnelle, aventure exceptionnelle. Peut-être qu'après que l'on se soit éclatés pendant une semaine, le Svalbard voulait nous montrer que des conditions de vie plus dures pouvaient exister !
Plus dur que ne pas se doucher pendant 8 jours, plus dur que de dormir avec la lumière toute la nuit, plus dur que le sol de la moraine, plus dur que les nuits de garde, plus épouvantable que le "pâté" de Svalbard aventure ? oui plus dur.
Commençons quand même par l'événement le plus joyeux. Sur le bateau "Svalbard Aventure" nous avez concocté un dîner sympa ! Tout le monde a mangé avec appétit, on nous a même servi des "gaufres" en désert.
A Minuit, nous avons fêté dignement l'anniversaire de Théo... avec bougie & Nutella : un grand garçon à présent avec une telle aventure. Sa maman contrairement à l'aller, n'a même pas eu le mal de mer : Bravo Sandrine.
Bref de quoi terminer agréablement le séjour.
Nous devions embarquer le dimanche matin à 8 heures à l'aéroport de Longyearbyen... et bien non encore une fois : Non ! Suprise : la compagnie SAS Scandinavian nous invitait à l'hôtel Radisson pour le "petit déjeuner" : buffet gargantuesque !
Et après nous avons eu droit à un déjeuner gastronomique : viande de renne grillée aux airelles. Bien le savoir-vivre au Spitzberg.
Quant à la nuit... un grand moment de plaisir pour certains...
pour d'autres plus spartiates...
Le lendemain, lundi après une petit sieste en famille
nous avons fait un petit tour à ch'baraque à frites !
Pendant que certains se désaltéraient au bar !
Bref le mauvais temps ayant cloué les avions au sol à Oslo, nous avons passé 36 heures supplémentaires sur ce beau territoire norvégien qu'est le Spitzberg ! Les voyages forment la jeunesse : Jade a beaucoup apprécié ce temps supplémentaire peu commun ! Certains plus anxieux pensaient à leur famille et à leur boulot, comme quoi rien n'est sûr dans ces latitudes hostiles.
L'ours de l'hôtel du Radisson était content de nous voir partir.
Après quand même 4 heures d'attente aux guichets suite à ... une "panne informatique" ! Finalement nous avons décollé le lundi après-midi de Longyearbyen...
Mais SAS Scandinavian ne reculant devant aucun sacrifice nous a offert l'hôtel à Oslo : plus d'avion pour Roissy à 1 heure du matin.
C'est quand même avec un grand soulagement, que nous avons pris l'avion retour "Oslo-Roissy" le mardi à 10 heures.
Enfin, si le soleil ne se couche pas sous ces latitudes, les nuits sont parfois "très longues".
Si vous arrivez à la fin de ce blog, je vous remercie d'avoir été persévérant(e). Merci à tout l'équipe de ce voyage "Svalbard Nature", nous sommes presque prêts à présent pour Ko-Lanta ! Pour preuve cette dernière photo, qui je l'espère sera appréciée par votre association les garçons (dont j'ai oublié le nom : pardonnez-moi).
|
Publié à 04:38, le 18/08/2008, Mots clefs : |
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
|