Kayak au Spitzberg
Royaume des glaces le spitzberg est situé dans l'archipel du Svalbard, le territoire le plus proche du Pôle Nord. Notre camp de base posé sur la toundra, vit sous le soleil de minuit un périple rythmé entre navigation en kayak de mer au pied du glacier Svéa et de belles balades sur les crêtes. © Laire (groupe NF) – août 2008

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Kayak au spitzberg

Savez-vous que le corps humain est constitué en moyenne, de 65% d'eau ? Que l'eau recouvre les 3 quarts de la surface de la terre ! Que 97 % de cette eau présente sur Terre est salée et que 2 tiers de l'eau douce sont conservés à l'état solide dans les glaces polaires et les neiges éternelles, alors que seulement un peu moins d'1 tiers est constitué d'eaux souterraines.

 

Alors afin de le constater de visu ce phénomène, cette année nous avons décidé de faire un compromis entre eau douce et eau salée, nous nous sommes décidés pour un voyage au Spitzberg dans l'archipel du Svalbard près de l'arc polaire arctique entre Norvège et Groenland.

 

L'eau façonne les paysages, fertilise les sols, relie les peuples, purifie les hommes; mais si l'eau vient à manquer, c'est la planète entière qui boit la tasse ! Donc pour assurer nous avons choisi un séjour randonnée & kayak et pourquoi ne pas rencontrer un groupe sympa ? En route pour l'Arctique.

 

Carte du voyage en bateau

 

L'Arctique n'est pas qu'une contrée désolée de glaces et de roches balayée par les vents catabatiques. La "terre des ours" est au contraire riche de mille et un paysages envoûtants, à la flore et la faune fascinantes (plus de 150 espèces de fleurs recensées et pas moins de 160 espèces d'oiseaux), que magnifie une lumière unique. Climat, espaces, lumière dans ce pays tout est extrême. Avec 98 % de terres vierges de toute activité humaine, le Svalbard est l'un des derniers sanctuaires naturels de la planète. Et surtout, Ici l'eau & l'art ne font qu'un !

 

Une île sur le toit de l'Europe

 

Ecusson

 

Le Spitzberg, situé à 500 kilomètres à l'est du Groenland, est la plus grande île de l'archipel du Svalbard qui s'étend entre 74° et 81° de latitude nord et entre 10° et 34° de longitude, dans l'océan Arctique. Le nom "Spitzberg" donné historiquement à l'ensemble de l'archipel du Svalbard signifie côte froide. Des pans entiers de terre sont recouverts par des glaciers. Cependant, le Courant nord atlantique tempère le climat arctique, rendant les eaux navigables quasiment toute l'année.

 

Pour venir jusqu'au Spitzberg, il faut une bonne raison et pour y rester, il faut être un peu fou. Longyearbyen, à deux heures de vol du continent est la ville principale de l'archipel et l'une des communautés humaines la plus septentrionale du globe. Dans ce village du bout du monde, les distractions sont rares.

 

À Longyearbyen, le soleil de minuit dure du 20 avril au 23 août et la nuit polaire du 26 octobre au 15 février. Cette petite bourgade aux maisons de bois peintes de couleurs vives est traversée par la petite rivière Longyear-Elva qui roule ses eaux boueuses échappées du glacier qui domine la vallée avant de se jeter dans le Fjord.

 

 Longyeabyean

 

Une église et la maison du gouverneur en bois, des pylônes en rondins hauts de 30 mètres, des bennes à minerai suspendues au bout de leurs câbles rouillés plantent le décor de cette ville minière. Les norvégiens continuent d'extraire du sous-sol quelques milliers de tonnes d'anthracite pour les besoins de la ville en chauffage et eau chaude.

 

ours polaire

 

Ours polaire

 

 

Ici on consomme l'ours polaire à toutes les sauces. Des habitants qui se promènent fusil sur l'épaule sous les panneaux "danger ours" au gros nounours en peluche, des fourrures provenant uniquement des animaux abattus dans des conditions de légitime défense aux vêtements et vaisselle à l'effigie de la bête : l'ours polaire est roi ! L'espèce compterait entre 3 000 à 5 000 spécimens répartis sur l'ensemble de l'archipel. Dans le hall de l'hôtel Radisson un mâle empaillé plus vrai que nature dressé sur ses pattes arrières accueille les touristes toutes griffes dehors.



 

 

 Après la visite le la ville, en fin d'après-midi, nous remontons une petite grève de galets puis ce sont les entrepôts du port, avec des grues, un cargo et quelques voiliers en toile de fond, l'endroit est sinistre et n'engage pas au voyage. L'eau, qui ne doit pas dépasser les 5° C n'incite pas au kayak... qu'est-ce qu'on est venu faire dans cette galère... !

 

Traversée en bateau

 

Nous embarquons, hommes & matériel, sur le Longoysund qui sent la peinture antirouille et la graisse mêlée aux embruns. Depuis le pont du bateau l'archipel du Svalbard se révèle. L'été arctique ne dénude qu'une infime bande côtière du manteau glacé (permafrost) qui couvre la terre ferme avant le pôle nord.

 

Durant les 2 heures 30 de navigation à travers l'Isfjord, nous admirons les côtes qui se déroulent à l'infini et nous découvrons la toundra où ne pousse pas le moindre arbuste, excepté le saule du Spitzberg minuscule salicacée.

 

 

 

 

Des pétrels fulmar épousent le contour des vagues et suivent le sillage du navire, quelques mergules nains se reposent sur la mer, pendant que des macareux nous survolent en battant des ailes à toute vitesse. On entend déjà au loin les détonations du glacier qui vient vêler dans la mer. Sur le pont balayé de rafales de vent, on ne tient pas longtemps sans bonnet ni gants. Le bateau s'arrête au large du glacier de Svéa entre les icebergs et le Zodiac nous débarque tous équipés de bottes et de pantalon imperméable.

 

Traversée du Fjord

 

Le camp de base

Zodiac

Arrivée au camp de base.

 

Camp de Base

 

La plage où nous débarquons est jonchée de galets et de bois flotté. Un coup d'œil sur notre camp de base situé à quelques mètres de la grève et nous regardons le navire lever l'ancre pour revenir dans une semaine. Nous sommes seuls au monde, enfin presque !

 

 

L'emplacement du camp est important étant donné le danger présenté par l'ours polaire. L'endroit choisi est un lieu bien dégagé permettant une bonne vue d'ensemble tout autour. Première consigne de notre guide : ne jamais s'éloigner seul du camp de base. Nous sommes tous en possession d'une alarme anti-ours... mais que faire face à un ours affamé. Donc méfiance !

 

 

 

camp de base

Le camp de base, posé sur une terre sombre et sèche, sommeille sous un immense ciel bleu strié de quelques nuages. De quelque côté que nous nous tournons nous restons émerveillés. Le Glacier au loin que l'on entend gronder, les icebergs que se laissent dériver tranquillement le long de la côte. Et des oiseaux qui piaillent à n'en plus finir.

 

Nous découvrons nos tentes individuelles et la tente Mess, où nous prendrons nos repas. Nous finissons d'installer le camp de base en prenant soin d'éloigner toute la nourriture dont l'odeur peut attirer les ours. Enfin un petit tour aux latrines placées à une certaine distance pour les raisons évoquées précédemment, l'odorat des ours, mais ils restent visibles de l'entrée des tentes et offrent une vue magnifique sur le fjord et les icebergs.

 

Camp de base

 

 

 

Vers 23 heures la fatigue nous gagne, mais c'est à peine si le soleil de minuit haut dans le ciel s'infléchit légèrement vers l'horizon. La lumière implacable empêche de dormir. Nous prenons nos consignes pour le tour de garde que nous effectuerons toutes les nuits durant notre séjour : 2 heures à tour de rôle jusqu'au moment du réveil.

 

Une équipe d'enfer

 

Sur ce voyage au Svalbard, nous étions 12 participants venus de différentes régions de France. Tout au long de la semaine, nous avons appris à nous connaître et avons partagé des moments intenses dans une ambiance détendue et amicale. Chaleureusement nous nous sommes entraidés dans les moments un peu difficiles de "grimpette", mais surtout profiter des fous rires et la bonne humeur qui ont régné toute la semaine, particulièrement durant les 36 heures supplémentaires où nous avons squatté l'hôtel **** Radisson pour cause de brouillard.

 

Merci à notre guide Stéphane de nous avoir guidés, aidés, instruits et supportés. Merci de nous avoir concocté de si bons repas gastronomiques... et ce petit déjeuner gargantuesque de "crêpes".

 

l'équipe

1er Rang de gauche à droite : Laurent, Diane, Paul (l'aîné), Jean-Luc, Jeanine

2ème rang toujours de gauche à droite : Théo, Jade (la plus jeune), Patrice, Alain, Sandrine, Aline, Moi, Stéphane (notre guide).

 

Et bien sûr notre gardien de jour & de nuit et fidèle compagnon durant tout le séjour : Imiak

 

Iniak

 

La vie au camp

 

Le "camp de base" est situé au bord du Fjord légèrement surélevé par rapport à la grève, car même si la différence de marée au Svalbard ne représente que 2 mètres, il est préférable que les tentes soient gardées au sec. Nous avons un panorama superbe sur les icebergs et le glacier. Le fjord est très animé, nous pouvons contempler : des Guillemots à miroir, des Labbes parasites, des sternes arctiques, des oies nonettes et bernaches, quelques Hareldes boréales et plongeons catmarins (les oiseaux feront l'objet d'un article à part) et parfois un phoque barbu nageant tranquillement le long de la grève. Qui de l'homme ou de la bête épie l'autre ?

 

 

Camp de basePlacé juste devant un petit lac qui nous fournit l'eau douce, la tente Mess se situe à l'une des extrémités du camp, nous y prenons le petit déjeuner, éventuellement le déjeuner quand nous ne sommes pas en kayak ou en rando et si le soleil est de la partie nous déjeunons dehors. C'est aussi l'endroit pour se réchauffer et prendre une boisson chaude quand nous montons la garde entre 23 heures et 10 heures du matin.

 

Eloigné de quelques mètres à cause de l'ours, nous avons disposé le garde-manger où nous piochons au fur et à mesure le nécessaire pour préparer les repas... et les en-cas pour les sorties.

 

Autour de la tente Mess, sont disposées les tentes pour 2 personnes, spacieuses et confortables, de toute façon comme le soleil de minuit brille... toute la nuit !... c'est tout à fait convenable. A chacun son organisation : le rangement ou le chaos, nous y découvrons les personnalités. La palme du rangement sera attribuée au couple "Jeanine & Paul", les autres sont plus ou moins ex-æquo pour l'ordonnancement.

 

 

Camp de base

Camp de base

 

Et bien entendu comme il faut bien évacuer ce que nous mangeons, un peu plus loin encore nous trouvons "l'espace privé". Le repère est le drapeau de la communauté européenne...?

 

S'il est dressé l'endroit est occupé et je dois dire qu'un certain confort peut inciter à s'attarder devant le "poster" qui s'offre à nous lorsque nous trônons.

 

 

Poster

 

De temps en temps le phoque barbu passe en nageant nonchalamment, c'est d'ailleurs pratiquement le seul endroit où nous pourrons l'apercevoir ! Avis aux amateurs de photos, prendre son appareil pour aller aux toilettes.

 

 

L'autre poster des WC
 

 

Pour la toilette... quelques courageux s'y sont astreints régulièrement..., bravo les garçons

 

Camp de base

 

Il y a même des téméraires qui se sont baignés... Bref un petit coin de Paradis en Arctique.

 

Camp de base

 

 

Quelques mots sur l'emploi du temps : le soleil brille toute la journée, donc il est difficile d'établir un programme ! Si les 2 premiers jours sont un peu difficiles avec le décalage "jour/nuit" nous nous y sommes relativement bien accoutumés.

 

Réveil quand tout le monde a récupéré car le coucher est aléatoire en fonction du soleil brille plus ou moins voilé. Si quelques nuages viennent voiler le ciel bleu, le planning change. Kayak ou rando ? Dans tous les cas les horaires n'ont aucune importance puisque nous ne sommes pas tenus de rentrer avant la nuit !

 

 

Camp de baseDonc hormis les personnes désignées chaque jour pour les tours de garde, nous nous levons vers 10 heurs 30, prenons le petit-déjeuner jusqu'à midi. Puis activité sportive, déjeuner souvent vers 15 heures 30, goûter puis dîner vers 22 heures.... La vie rêvait des Anges, surtout quand Stéphane nous a préparé le matin des crêpes, et que Patrice a montré ses talents de découpeur de Jambon pour le dîner.

 

Camp de base
Camp de base
Déjeuner à l'extérieur, le soleil brille : il est 15 heures 58.

 


Publié à 08:48, le 1/09/2008, Spitzberg
Mots clefs : toundraphoquerenardglacierKayak
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